Comment identifier les acteurs et les partenaires
Contextualiser la situation, c'est prendre en compte les accompagnements existants dans un cadre :
- Pluridisciplinaire interne : équipe pluriprofessionnelle au sein de l'établissement.
- Interinstitutionnel : présence ou absence d'un maillage partenarial externe.
Se poser les bonnes questions : quelles institutions interviennent ? Quelles sont leurs missions et leurs modes d'accompagnement ? Suis-je contraint, ou non, de travailler avec eux ?
Exemple : un enfant suivi par un SESSAD + un PRE + un service AEMO cumule plusieurs partenaires, ce qui complexifie l'action éducative et doit être explicité dès l'introduction.
Principaux sigles à connaître
| Sigle | Signification |
|---|---|
| SESSAD | Service d'éducation spéciale et de soin à domicile |
| PRE | Programme de réussite éducative |
| AEMO | Aide éducative en milieu ouvert |
| MECS | Maison d'enfants à caractère social |
| CER / CEF | Centre éducatif renforcé / Centre éducatif fermé |
| MDPH | Maison départementale des personnes handicapées |
Entre collaboration spontanée et partenariat imposé
Certaines collaborations sont imposées par le cadre institutionnel ou judiciaire :
- Dans une MECS, un CER ou un CEF, l'éducateur doit rendre compte au juge pour enfants ; ses actions doivent être cohérentes avec l'ordonnance de placement.
- La communication avec les professionnels de l'Aide sociale à l'enfance est incontournable dans le cadre de mesures de placement.
- La famille est un partenaire au sens de la loi du 2 janvier 2002 : les représentants légaux sont signataires du projet personnalisé d'accompagnement.
« Les contextes d'intervention, l'environnement et les problématiques des publics évoluent sans cesse et sont de plus en plus complexes, les professionnels ne peuvent plus travailler seuls. » (Sadek Deghima, 2018)
Freins au partenariat : des représentations construites à travers les pratiques et des différences de cultures professionnelles peuvent constituer des obstacles. Les identifier permet de les désamorcer.
Bienveillance et bientraitance (ANESM, 2008)
- Bienveillance : dimension de veille envers l'autre, portant l'intention de soutenir et d'expliciter le projet individuel d'accompagnement.
- Bientraitance : culture inspirant les actions individuelles et les relations collectives, visant à promouvoir le bien-être de l'usager en gardant présent à l'esprit le risque de maltraitance.
Ces concepts s'appliquent à tout établissement et contribuent au « vivre ensemble » dans une démarche de citoyenneté.
L'éthique dans les pratiques professionnelles
Selon Paul Ricoeur (Soi-même comme un autre, Seuil, 1990), l'éthique est « la recherche de la vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes ».
Principe du secret partagé : l'étudiant doit être vigilant sur la manière dont il divulgue les informations. Sont-elles nécessaires pour aboutir à une action éducative dans le cadre d'une collaboration ou d'un partenariat ? Sa discrétion professionnelle sera évaluée.
Outil de formalisation : un contrat (du latin contrahere) ou une convention partenariale peut être proposé pour fédérer les acteurs vers un but commun dans l'intérêt de la personne accompagnée.
Ce qu'attend le jury
- Identifier les acteurs et partenaires dans le corpus de documents (ordonnance de placement, notification MDPH, etc.).
- Montrer la faisabilité du plan d'action en termes de co-construction et de complémentarité.
- Attester du respect du droit à l'information de la personne accompagnée.
- Proposer des instances de communication appropriées (réunion de synthèse, comité de pilotage).
Pour aller plus loin
- La distinction entre éthique de responsabilité (professionnelle, liée à la mission) et éthique de cœur (personnelle, sentimentale) est fondamentale : c'est la première qui doit apparaître dans la copie comme toile de fond, manifestant un questionnement rigoureux sur la pratique.
- Le PPA en concertation partagée peut se faire avec ou sans la personne, avec ou sans la famille — mais dans tous les cas, le droit à l'information de la personne accompagnée doit être explicitement respecté et mentionné dans la copie.
- L'identification des approches, pratiques et volontés institutionnelles de chaque acteur est un niveau d'analyse plus fin que la simple liste des partenaires : elle permet de repérer les convergences et les contradictions entre les logiques d'intervention.
- La charte des droits et libertés de la personne accueillie (Fiche 26) constitue un appui concret pour développer l'éthique professionnelle dans la copie et répondre aux questions de secret professionnel, de droit à l'information et de dignité de la personne.
- Le concept de « faire ensemble » (Deghima, 2018) traduit l'ambition du partenariat : face à des problématiques multifactorielles, seule la complémentarité des compétences (thérapeutiques, éducatives, pédagogiques) permet une prise en charge cohérente et efficiente.
- Pour les situations de placement, repérer les documents types présents dans le corpus (ordonnance de placement provisoire, réaménagement des droits de visite, notification MDPH) est une compétence technique évaluée : chacun de ces documents informe sur les contraintes légales de l'intervention.
Références :
- Paul Ricoeur, Soi-même comme un autre, Seuil, 1990
- ANESM, La bientraitance : définition et repères pour la mise en œuvre, 2008
- Sadek Deghima, articles sur le projet culturel, éducatif et partenarial, 2018
- Loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale
- Charte des droits et libertés de la personne accueillie (arrêté du 8 septembre 2003)