Repérer les éléments essentiels
La lecture attentive de la situation éducative est le point de départ. Il convient de :
- Déterminer le contexte d'intervention : mission de l'établissement (insertion, protection de l'enfance, handicap, exclusion).
- Identifier la problématique de la personne : raisons de l'accueil et de l'accompagnement.
- Comprendre la situation : ce qui fait défaut, les difficultés, le projet actuel, les attentes et besoins exprimés ou repérés.
- Repérer les mots clés : notions et concepts à mettre en lien avec ses connaissances en sciences humaines et sociales (sociologie, psychopédagogie, droit, etc.).
Outil pratique : tableau de mots clés au brouillon avec 3 colonnes — Mots clés / Connaissances mobilisées / Analyses.
La synthèse : restituer sans paraphraser
La synthèse n'est pas un résumé. Il ne s'agit pas de paraphraser les documents.
Elle présente les éléments par ordre chronologique, intègre les mots forts identifiés et restitue l'information de façon objective et descriptive. Le jury est particulièrement attentif au choix des mots et à la posture professionnelle (éthique, déontologie, droits fondamentaux).
Positionnement dans l'écrit :
- Employer le « nous » pour marquer l'implication dans le travail d'équipe.
- Employer « Il me semble » pour nuancer un propos incertain.
Attendus de la synthèse
La synthèse témoigne de la capacité à :
- Transmettre des informations à différents destinataires (partenaires, hiérarchie, MDPH, juge pour enfants, famille).
- Identifier des problématiques sociales en mobilisant des concepts : désaffiliation (Castel), disqualification (Paugam), stigmatisation (Goffman).
- Adopter une démarche réflexive sans jugement de valeur.
Gestion du temps (épreuve 4 h)
| Phase | Durée |
|---|---|
| Lecture, sélection des informations, plan détaillé | 1 h 30 |
| Rédaction | 2 h |
| Relecture | 30 min |
Structurer l'écrit
- Introduction (≤ 1 page) : sources des documents, éléments de situation, annonce du plan avec phrases de transition.
- Parties équilibrées : chacune rend compte d'idées différentes (enjeux, paradoxes, freins, leviers).
- Conclusion : synthèse de la réflexion et ouverture.
Tout écrit professionnel engage la responsabilité de l'éducateur. Les écrits restent et constituent des empreintes de l'activité professionnelle.
Pour aller plus loin
- La technique du recueil de données est une pratique exploitée par les travailleurs sociaux pour identifier les éléments biographiques et situationnels afin de les rendre explicites — elle précède et nourrit la synthèse.
- Le tableau des mots clés (3 colonnes : mot clé / connaissances mobilisées / analyses) est un outil de brouillon fondamental : il opère le passage entre lecture passive et analyse active.
- La synthèse DC2-1 est évaluée avec un coefficient 1 dans la moyenne du DC2, aux côtés de l'écrit collectif du projet éducatif spécialisé (coef. 1) et de la soutenance orale individuelle (coef. 1) — les trois notes s'équilibrent.
- La notion de responsabilité de l'écrit professionnel est centrale : tout document rédigé par l'éducateur stipule son nom et constitue une trace juridique et déontologique durable ; cette réalité s'applique dès l'épreuve sur table.
- Les problématiques sociales nommables dans la synthèse ne se limitent pas aux trois grands concepts (Castel, Paugam, Goffman) : le décrochage scolaire (PRE, ateliers permanents), la stigmatisation institutionnelle, ou encore l'exclusion par la disqualification progressive sont autant de fils directeurs possibles.
- La posture professionnelle visible dans la synthèse (éthique, déontologie, respect des droits fondamentaux) est évaluée à part entière par le jury, indépendamment de la qualité du contenu factuel.
Références :
- Référentiel de compétences du DEES — DC2-1 (arrêté du 20 juin 2007 modifié)
- Serge Paugam, La disqualification sociale, PUF, 1991
- Robert Castel, Les Métamorphoses de la question sociale, Fayard, 1995 (voir aussi Fiche 26)
- Erving Goffman, Stigmate, Éditions de Minuit, 1975